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Il est plus difficile d’être sourd qu’aveugle. Car l’ouïe est
le sens de la communication
et des émotions. Imaginez une vie sans chants d’oiseaux, musique ou voix de ses
proches. Il est toujours possible de se faire décrire ou raconter une image mais
comment décrire un son ?
Être privé des sons, à la suite d’un accident
par exemple, marque également une rupture bien plus nette que la perte de la vue
: car si nous sommes capables de fermer les yeux, la nature ne nous a pas
offerte de rideaux à oreilles ; nous faisons tous les jours l’expérience du noir
mais jamais du silence absolu… [...]
Extraits de
l'Autre Choix
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Si le silence
pouvait encore hier être considéré comme d’or en égard à sa rareté,
il mériterait aujourd’hui d’être au moins de diamant ou de platine :
le monde moderne casse littéralement les oreilles ! Si le seuil de
la douleur n’intervient qu’au delà de 140 décibels (plus donc qu’un
avion au décollage), il y a nocivité à partir de 80 db et il est
indéniable qu’une permanence de
bruits artificiels
et de nuisances sonores a une incidence sur notre niveau de stress
et d’irritabilité. Eruption volcanique mise à part, les sons les
plus forts sont d’origines humaines (180 décibels pour une fusée au
décollage ou une explosion nucléaire) : la sonnerie du téléphone
couvrira malheureusement toujours le chant des oiseaux…
Une caractéristique intéressante – et essentielle – du son est en
effet qu’un son en chasse un autre : 1 décibel + 2 décibels =
environ 2 décibels ! Cela permet au monde de rester audible. Cela
nous offre aussi tout le loisir de
couvrir les bruits
des autres avec encore plus de bruits. Tous les produits nomades,
des baladeurs aux téléphones portables, nous permettent ainsi
d’emporter nos propres sons dans les endroits les plus reculés :
nous nous isolons du monde avec et grâce à une barrière de sons
familiers et rassurants.
Une autre caractéristique du son est sa progression logarithmique : un son de 40 décibels est 10 fois plus fort qu'un son de 20 décibels. Que vaut donc une feuille qui bruisse (1 décibel) face aux 50 décibels d’une voiture…
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Le chant des oiseaux. Un ruisseau dont l’eau fraîche s’écoule doucement. Le vent qui caresse les feuilles des arbres…
L’indicatif d’un téléphone portable. Un embouteillage dont les voitures s’égrènent lentement. Un avion qui passe dans le ciel…La
« civilisation » sépare ces deux
scènes et, trop souvent désormais, les relie : les nuisances sonores
de la société moderne sont devenues nomades et se sont invitées dans
les espaces naturels (sans parler des personnes qui les y amènent
sciemment) . Il faut aller de plus en plus loin pour s’y soustraire
et, lorsqu’on y échappe enfin, le « silence » en devient presque
troublant. Notre
bien-être passe donc, de temps en temps, par des périodes de
récupérations au calme de la nature. Plusieurs stratégies peuvent se
combiner:
► S’isoler dans la nature «
sauvage » : la meilleure des
solutions n’est pas la plus aisée puisqu’elle requiert de pouvoir
s’échapper de la société (contraintes de temps, de lieu, de météo,
de mobilité,…). C’est la solution des week-ends ou des vacances.
► Se concentrer sur les bruits
naturels : dans un lieu
relativement calme (un jardin public par exemple), il est toujours
possible de focaliser son attention sur un bruit agréable et de
faire ainsi abstraction des nuisances sonores de la société
environnante. Cette recherche active de la nature est une habitude
saine et régénératrice à vivre si possible durant quelques minutes
au quotidien.
► Couvrir la civilisation par la
nature : il est aussi possible
d’utiliser les ressources du monde moderne pour profiter de la nature !
Avec un lecteur de CD et un casque, on peut en un instant se retrouver
au cœur d’une forêt ou au bord de la mer, sans aucun bruit parasite !
Evidemment, on aura pris soin, au préalable, de débrancher son téléphone
et de prévenir son entourage… Après une journée de travail, 20 minutes
d’isolement au sein de la nature suffiront largement pour ressourcer
corps et esprit.
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Il serait
aussi intéressant de se constituer des
compilations émotionnelles :
les morceaux de musique les plus dynamiques pour positiver votre
journée, les plus doux pour se détendre, les plus beaux pour les
amoureux, etc. Vous souvenez-vous du tube « Don’t worry, be happy
» et de son effet quasi hypnotique ? Et bien vous aurez tout autant
de mal à vous sentir mal avec de la musique Walt Disney ou de
banjo !
Vous pouvez faire confiance aux artistes
ou vous pouvez le devenir : devenez audiographe et enregistrez
les sons les plus agréables
que vous rencontrez : le bruit de la mer de vos vacances, le
crissement de vos skis à la neige, l’éclat de rire de vos enfants,
le chant des cigales de votre jardin, les ronflements de votre
conjoint… et repassez-les vous à l’occasion tout en imaginant
mentalement la scène.
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Utiliser correctement son ouïe passera également par
la variété des plaisirs
auditifs. Il n’y a rien de négatif à écouter du Rap ou de la Techno
mais, si je n’écoute que ça, je ne vivrai que ça ! Il n’est pas
question de hiérarchiser les types de musiques mais il me parait
regrettable de laisser des préjugés générationnels limiter ses
choix. La vie est trop courte pour être étroite et
le monde musical est trop riche
pour ne s’écouter que d’une oreille distraite. Enrichir sa musique,
c’est enrichir sa vie !
Enfin,
le chant.
Depuis le succès du film "Les Choristes" de Christophe
Barratier, les vertus thérapeutiques de cette pratique ont rempli
les colonnes de la presse. La voix n’a beau être qu’une vibration de
l’air, nous sommes particulièrement sensibles à ses résonances. Le
nourrisson perçoit l’odeur de sa mère vingt-quatre heures après sa
naissance mais il reconnaît son timbre dès sa vie fœtale. Son éveil
passera par des chansons et il chantera bien avant de parler. [...]
« Quand on chante, ça aide […] ça ouvre une nouvelle porte. Mais
je préfère chanter avec les autres. C’est une deuxième famille.
Comme quand on joue au foot et qu’on se passe la balle. Mais, là, on
se passe des notes » explique Jean-Baptiste Maunier, le soliste
du film.Pour gagner de l’assurance ou évacuer ses soucis, pour
dépasser ses complexes ou égayer sa vie, le chant est une formidable
stratégie de bien-être.
Peu importe de chanter juste : c’est l’intention et l’amour que nous
y mettons qui comptent…
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