La vision du bien-être
par Benoît Saint Girons

 

La vue est notre sens le plus sollicité et le plus à même de nous influencer. Il domine ainsi les autres sens : l’imagination et les rêves sont essentiellement visuels, nous savons tous qu’un « petit schéma vaut mieux qu’un long discours » (Napoléon) et nous mesurons tous les jours, parfois avec regret, la prédominance de la forme sur le fond. Que faisons-nous d’ailleurs afin de mieux nous concentrer sur nos autres sens ? Nous fermons les yeux…


La chromothérapie...


Notre vie entière dépendra de notre vision du monde. Broyer du noir ou voir la vie en rose ? En Egypte ancienne déjà, des malades étaient traités dans des temples de couleurs : les maladies chaudes avec des couleurs froides ; les maladies froides avec des couleurs chaudes. Des chercheurs ont ainsi observé que le rouge faisait grimper la température du corps et que le bleu la faisait baisser et cela même chez des aveugles puisque les couleurs sont également absorbées par la peau.

Wolfgang Goethe étudia leur effet sur nos sentiments dans son « Traité des couleurs » :

Le rouge traduit la volonté, le dynamisme et la vitalité. L’œil la perçoit en 0,02 secondes. C’est une couleur très stimulante, qui stimule la formation de globules rouges et augmente la température du corps. A limiter en cas d’hypertension ou de colère, ou lorsque l’on souhaite se relaxer ou se concentrer…

Le jaune correspond à la gaieté et à la cordialité. C’est également une couleur très stimulante, qui augmente les facultés mentales et renvoie une impression de chaleur.

L’orange revigore, redonne le moral et rend optimiste. Il évoque la gaieté et le dynamisme et est moins brutal que le rouge ou le jaune.

Le bleu clair exprime la liberté et l’expression créative. Nous nous sentons toujours plus gai et alerte sous un beau ciel bleu…

Le bleu foncé ou le violet sont des couleurs apaisantes dans lesquelles il est bon de s’abandonner afin de se relaxer. Elles communiquent la résolution et la sûreté.

Le vert est la couleur de la nature : « Le vert absolu est la couleur la plus pure qui existe : elle ne bouge pas et n’a pas d’accents de joie, de tristesse, de passion, elle ne demande rien, n’entraîne vers nulle part. C’est un élément immobile, satisfait en soi… » constatait le peintre Kandinsky. Chaque ton de vert aurait un effet psychologique particulier mais l’effet général est apaisant et le vert un signe d’espoir et de renaissance.

Cette dernière couleur devrait être privilégiée : en 1998, des biologistes de la clinique universitaire de Francfort ont prouvé qu’une chambre aux couleurs fades faisait dépérir les récepteurs de la couleur dans la rétine des enfants… Autre expérience : un médecin allemand essaya de se nourrir uniquement de denrées incolores. Il tomba rapidement malade...

Les couleurs expriment la diversité biologique de la vie et, pour varier ses plaisirs et ses nutriments, il conviendra de varier ses couleurs et ses stimulations visuelles : les personnes qui ne regardent pas plus loin que leurs écrans ou leurs lectures limitent nécessairement les dimensions de leurs vies. L’œil et le cerveau apprécient les regards qui se portent au loin, vers l’horizon, vers l’inconnu, vers l’art, vers la nature ou les étoiles…

A ce titre, le meilleur exercice est certainement de s’adonner à la photographie (et dans une moindre mesure à la vidéo). Nul besoin d’être expert pour découvrir un détail, un angle ou une scène photogénique. Souvenez-vous par exemple de la scène du sac plastique dans le film « American Beauty » de Sam Mendes. Le sujet sera le monde plutôt que son nombril : les scènes de rue, les portraits d’inconnus ou les paysages plutôt que la sempiternelle vie de famille. Il s’agira ainsi moins de collecter des souvenirs que de révéler sa propre perception de la beauté… Prenez du temps, prenez un lieu et flânez-y, en regardant pour une fois au-delà de vos pieds : vous serez surpris par vos découvertes…

« Avoir l’œil » vient d’un peu de pratique mais avant tout d’une attention aux scènes de la vie. L’art de la photographie est surtout dans la graphie, dans sa manière d’écrire plutôt que de décrire le monde. A mon sens, les appareils photos numériques limitent l’appréciation de cet art : mis à part les coûteux appareils de type reflex, le cadrage est aléatoire et les images trop souvent déformés. La photographie requiert aussi de placer son œil dans un viseur – de l’enfermer afin de mieux le libérer – plutôt que de le poser sur un nouvel écran. La possibilité de voir immédiatement le résultat tend également à multiplier les photos sans intérêt et nous place dans le syndrome du clic-look-delete. Il sera bien difficile dans ses conditions d’affiner son regard…

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Avant toute chose, il conviendrait toutefois de veiller à la qualité de notre environnement lumineux. Les couleurs sont en effet des « enfants de la lumière » (Goethe) : pas de couleurs sans lumière et pas de couleurs vraies sans lumières naturelles !


Changer sa lumière...

Malheureusement, les néons classiques peuplent encore trop souvent nos bureaux : lumière jaune blafarde, scintillements,… Travailler sur ordinateur dans ces conditions sera la garantie d’une fatigue visuelle importante. La solution réside dans l’utilisation de néons ou ampoules à spectre total : une lumière blanche recréée la lumière naturelle du soleil à midi tandis que l’absence de scintillement procure un confort visuel inégalé. Plus coûteuses à l’achat, elles durent dix fois plus longtemps et consomment environ quatre fois moins d’énergie que les ampoules classiques.

Cet investissement devrait suffire à assurer un bien-être visuel mais, à chaque approche de l’hiver, les médias sortent néanmoins de leur chapeau des sujets catastrophes sur la dépression hivernale et sa solution miracle : la luminothérapie.Cette thérapie consiste à s'exposer quotidiennement à une lumière à large spectre dont l'intensité varie entre 2500 à 10000 lux. Les séances durent entre 30 minutes et 2 heures et se font idéalement à heure fixe, si possible le matin. L'effet bénéfique de l'exposition à la lumière s'expliquerait par son action sur le métabolisme de la sérotonine (un médiateur chimique dont le déficit entraîne la dépression) et de la mélatonine (l’hormone responsable des cycles éveil-sommeil).

Dans les pays scandinaves aux longues nuits, de 3 à 10% de la population souffrent de dépression saisonnière. Grâce à l’influence médiatique, nous les avons battus : une personne sur quatre se plaindrait désormais de troubles dépressifs hivernaux ! En quelques années, les médias ont ainsi réussi à créer une nouvelle maladie qui toucherait 25% de la population ! A se demander comment nos ancêtres ont survécu au cycle des saisons…

N’en déplaise au business, je crains pourtant qu’il n’y ait erreur de diagnostique et qu’il ne s’agisse dans la plupart des cas que d’un petit coup de blues passager. Il est normal de se sentir un peu moins bien lorsque le soleil est caché par les nuages ou que la nuit prédomine mais une activité physique en plein air, une alimentation riche en fruits et légumes, un environnement coloré et, surtout, des pensées agréables seront tout aussi efficaces pour illuminer sa vie qu’une lampe industrielle à plusieurs centaines d’euros. Le soleil n’est jamais bien loin lorsque l’on se donne la peine de le chercher… 


Benoît Saint Girons

Extrait de son livre l'Autre Choix: choisir la liberté et le bien-être. (à paraître)
www.lebienetre.org

 

 

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